11.11.08

613 - 1914 / 1918 et les peintres

Luc-Albert Moreau, Octobre 1917, attaque du Chemin des Dames, 1917, encre, Musée d'histoire contemporaine - BDIC, Paris.

Luc-Albert Moreau

Moreau (1882-1948) a combattu à Verdun, sur le Chemin des Dames, en Picardie. Plusieurs fois blessé, il est de ceux que la guerre marque de manière indélébile, à tel point que son oeuvre, dans les années 20 et 30, se compose pour une grande part de tableaux de Verdun, souvenirs qu'il évoque inlassablement à partir des dessins qu'il a pu tracer sur le front. Celui-ci, un corps empalé sur un tronc brisé par les obus, s'impose par sa simplicité et la force du graphisme en hachures. On y retrouve un spectacle dont les photographes ont eux aussi fixé l'horreur. On y reconnaît aussi ce que Léger a noté, la force d'expression des mains aux doigts écartés, crispés dans un spasme.




Otto Dix, Gesehen am Steilang von Cléry-sur-Somme (Sur les pentes de Cléry-sur-Somme), 1924, gravure et aquatinte, 35,3 x 47,5 cm, Historial de la Grande Guerre, Péronne.

Otto Dix

L'autre manière de Dix : une minutie impassible, l'accumulation des éléments pour une description exhaustive de ce sujet : des cadavres abandonnés dans un abri détruit. Une plante a pris racine dans le crâne décalotté. Il manque un bras, une mâchoire. Une jambe s'est détachée du genou. Les ventres se sont vidés sur les étoffes et le sol. Le pourrissement s'accomplit. Jünger a décrit un spectacle peu différent. " Un jour que je me frayais un chemin, tout seul, à travers les broussailles, je fus surpris par un bruit léger, des sifflements et des gargouillis. Je m'approchai et tombai sur deux cadavres qui semblaient rappelés par la canicule à une vie funèbre. La nuit était lourde et silencieuse ; je restai longtemps, comme fasciné, devant ce spectacle troublant. "

La couleur des larmes, les peintres devant la première guerre mondiale

612 - 1914 / 1918 et les peintres

William Orpen, Ready to Start (Prêt au départ), 1917, 60 x 50,8 cm, huile sur toile, Imperial War Museum, Londres.

William Orpen

Orpen (1878-1931) est, avant la guerre, un portrait à la mode, très en cours dans la bonne société londonienne. En 1916, il obtient une mission auprès du quartier général britannique et poursuit son oeuvre de portraitiste, faisant poser pour lui Sir Douglas Haig à Montreuil. Le 10 juin 1917, date de cette toile, Orpen est à Cassel et se prépare à visiter le front. Non sans provocation, il multiplie les signes d'extravagance, la fourrure avec le casque plat, les bouteilles dans une chambre confortable. A peu de distance des tranchées, la vie peut être plaisante et un peintre heureux - paradoxe peu acceptable qu'Orpen cultive avec une délectation qu'il ne cherche pas à dissimuler dans cette toile de facture post-impressionniste.


André Mare, Autoportrait, 1916, carnet 2, p. 7, encre et aquarelle sur papier, Historial de la Grande Guerre, Péronne.

André Mare

A l'opposé d'Orpen, Mare (1885-1932) se représente en soldat, lui dont la tâche est de préparer et d'organiser le camouflage des positions d'artillerie. A proximité des premières lignes, il vit dans les mêmes conditions que les simples soldats, sans privilèges ni plaisirs. Le cubisme est son langage naturel qu'il pratique depuis 1912, depuis qu'il y a été initié par son ami Léger. Il met en évidence la maigreur des traits, le calot, et organise autour des visages les éléments pittoresques et symboliques où domine l'harmonie tricolore du drapeau. Peu après cet autoportrait, Mare est gravement blessé par un obus alors qu'il installe des positions d'observation en Picardie. Opéré par le médecin et écrivain Georges Duhamel à Ressons, il survit aux trois éclats d'obus qu'il a reçus.

La couleur des larmes, les peintres devant la première guerre mondiale.

611 - Les états enterrent les dettes des banques

610 - Supersilent "live 7 avril 2001"


Les sorciers du Nord proposent en 2 longues improvisations une musique que les passantEs connaissent bien maintenant, car ici, Supersilent suscite une très grande en-vie.

Mille mercis à UBU ROI !

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609 - Electric Masada Essential Cinema

John Zorn & Electic Masada, Cité de la Musique, Paris
Vendredi 25 juin 2008

Marc Ribot, guitar
Jamie Saft, keyboards
Kenny Wollesen, vibraphone
Trevor Dunn, bass
Joey Baron, drums
Cyro Baptista, percussions
Erik Friedlander, cello (track 4)
Ikue Mori, laptop
John Zorn, direction

1 Rose Hobart
2 Aleph
3 Oz: The Tin Woodman's Dream
4 Ritual in transfigured time
5 Karaim
6 Hath-Arob (coupé)
7 Titre inconnu
8 Lilin

Et le lendemain, c'était Bar Kokhba, pour un autre concert époustouflant à la Salle Pleyel.

(liens dans le commentaire)

8.11.08

607 - Emilie Lesbros & Rosa




Emilie Lesbros (chant)
Virgile Abela (Guitare)
Remy Decrouy (Guitare)
Stéphane Diamantakiou (Bass)
François Rossi (Batterie)

Pour écouter quelques titres de cet alboume époustouflant, la page MySpace de Rosa !
Après, vous serez définitivement accrochés, et durablement !

Les 15 titres de l'alboume s'enchaînent sans temps mort, c'est de l'énergie et de la grâce.
Nu-Jazz-Post-Punk-débridé et parfaitement maitrisé.
Emilie possède une vraie voix, et les 4 complices musiciens savent jouer.
Qu'ajouter ? C'est dès la première écoute que la magie opère.
Un diamant.
Avec des complices comme Sylvain Thévenard, Rémi Sciutto, Uli Wolters & Lucien Bertolina sur l'alboume, vous serez l'heureuSe possédantE d'un pur objet de bonheur.
Oyez, donc !

Disponible chez Koliapov.

Un titre en écoute : Holes & Falls.

6.11.08

606 - Qui a peur de Denis Robert ?

Depuis quelques jours, on peut lire dans nos quotidiens divers communiqués et un encart publicitaire grassement payé par une société financière qui accuse le journaliste Denis Robert de tous les maux. Etrange pratique que celle de ces organes de presse prestigieux qui se font payer pour passer (sans le moindre commentaire) un texte qui piétine allègrement le travail d’un confrère. Passons !

Une question reste sans réponse : comment est-il possible qu’au cœur d’une tourmente financière historique qui fait apparaître aux yeux des foules ébahies l’incompétence, l’irresponsabilité, la criminelle légèreté des dirigeants de toutes les banques du monde, ces hommes si importants qu’on voit courir à la porte des palais des Républiques pour mendier l’argent des contribuables, perdent leur temps et leur argent à tenter de museler un journaliste solitaire ?


Pour faire simple, rappelons que les chambres de compensation sont ces sociétés inventées par les banques pour simplifier et accélérer les transferts d’argent d’une banque à une autre. Mais aussi les enregistrer. L’outil est pratique. Il a un grave inconvénient : il identifie, et mémorise toutes les transactions interbancaires à travers le monde. Si la majorité de ces mouvements d’argent sont légaux, beaucoup recouvrent des activités criminelles. Et énormément finissent leurs courses dans des paradis fiscaux, à l’abri des regards importuns. La vulnérabilité du système et l’accès à l’information financière passent par ces chambres de compensation internationales.


Il suffirait que les juges aient accès à cette mémoire informatique pour relever le cheminement de l’argent de la fraude et du crime organisé. Il suffirait que cette menace existe pour que les fraudeurs à l’impôt, mais aussi les trafiquants de drogue, d’armes et d’influence retirent leur argent des banques.


Et ça, les banquiers ne le supporteraient pas. Voilà ce que Denis Robert répète depuis plus de dix ans, à travers ses articles, ses livres et ses films. Il faut abattre ce type. Ils sont légion à s’y employer.


Since several days, we have been able to read in our newspapers various press releases and a most expensive advertising insert paid by a financial company which point the journalist Denis Robert as the responsible of all troubles they ever had.

Such a strange practise from prestigious press organizations to accept being paid to circulate (without the slightlest comment) a text which tramples the work of a colleague. Anyway


But a question still remains : how is it possible, at the heart of a historic financial turmoil that clearly shows incompetence, irresponsibility, and criminal inefficiency of the CEO's of many banks around the world, how is it possible that these supposedly very important persons we can see now knocking at the door of our republican administrations to beg for money paid by taxpayers, keep on wasting time and money to muzzle a lonesome journalist?


Simply put, remember that clearing companies have been created by banks to ease and accelerate the transfer of money from bank to bank and also to keep record of these transactions. The tool is practical, but has a serious drawback: it identifies, and stores all interbank transactions around the world. If the major part of these transactions are legal, many cover criminal activities and a lot of them end up in tax havens, out of sight. The vulnerability of our financial system and the access to financial information both rely on international clearing companies.


If only judges could have access to these datas they would be able to trace the flows of money and track down frauders and organized crime. This threat would be sufficient for tax evaders, but also drug, weapons and influence traffickers to withdraw their money from banks.


But bankers cannot accept that idea. That is what Denis Robert keeps on saying over and over again for more than ten years, through his articles, his books and films.


They want this guy dead, and they are legion.


Signer la pétition

4.11.08

605 - Emilie Lesbros & fonetic


Des infos sur fonetic par ici (c'est sur MySpace).

N'empêche que ce quartet + Emilie (non, elle n'est pas une pièce rapportée, mais un élément pertinent et résurgent) prouve(nt) qu'il existe de par chez nous une scène créative et bluffante.

Entendre fonetic nous plonge dans des eaux joyeuses, mouvantes, et j'ose (pourquoi pas) rafraichissantes ! Ceci n'est pas un message pour un gel douche (!). Seul compte l'en-Vie.

Vu le programme de cette formation qui s'affranchit.
Des limites. (Repousser les limites !)
Emprunte des voies intimes, personnelles, et très inspirées (du souffle, de l'air et des pistes encore inexplorées).

Un extrait (oui, restons chiche, cultivons la rareté, pour donner en-vie) par ici.
Attention, fonetic est en devenir, ce futur en création qui n'est qu'une idée, qu'un possible, qu'une trace des pas pour les passantEs.

Emilie Lesbros sera à Assier en 2009, qu'on se le dise....

28.10.08

603 - Emilie Lesbros




Cet été, Émilie était à Assier.

(Diane, même si tu ne le sais pas, j'emprunte tes photos, vu qu'il est difficile d'en trouver. Merci beaucoup !)

Bientôt, d'autres nouvelles d'Emilie. Très bientôt !

Émilie & Fonetic.
Puis Emilie & Rosa.

.... @ suivre car là, pour ce soir, c'est suffisant.

602 - eRikm & Akosh S


Zufall (hasard) est un album construit à partir de l'enregistrement de deux concerts, l'un au Point Ephémère (Paris) et l'autre aux Halles de Scharbeek (Bruxelles).

Akosh S. saxophones ténor et soprano, clarinette basse, clarinette métal, Kalimba, cloches, bombarde Tibétaine
eRikm . platines + électronics & sampling live

Quand 2 improvisateurs / sculpteurs de sons croisent leurs arts, leurs sons et leurs souffles ! Loin, très loin de la tiédeur qui enveloppe nos oreilles, nous assistons éblouis à une alchimie en marche, un "work in progress" qui n'est ni recherche d'une voie moyenne, ni lutte de pouvoir, ni même exercice de style.

Un véritable dialogue perce, même s'il met du temps à s'installer. Mais tout ce temps mis en oeuvre EST la base même de ce dialogue, qui a le mérite d'être.
Ce n'est pas tous les jours que des éclats de lumières jaillissent de la matière sonore triturée, malaxée, exhumée, improvisée et (dois-je préciser ?) venue d'ailleurs.

(lien là où vous savez)

27.10.08

601 - Matt Elliott "Howling Songs"


Après Drinking & Failing, voici le troisième alboume de la trilogie "songs".

Intense, magistral, en phase avec notre monde stupide et désespérant, Matt Elliott poursuit son chemin avec une force inouïe, celle de sa belle musique poignante et de sa voix chaleureuse
encore plus belle qu'avant.

Un artiste engagé dans le monde d'aujourd'hui, un témoin qui affirme "sa manière d'Etre au Monde" en empruntant le chemin de l'Art.


(lien là où vous savez)

6 Cent - Sidsel Endresen "Live Bergen 21 11 1990 - Si I write Tour"



Sidsel Endresen - voc
Nils Petter Molvaer - trumpet
Jon Christensen - drums
Jango Bates - piano

1. Titre inconnu
2. Titre inconnu
3. This is the movie
4. Happiness
5. Words
6. Titre inconnu
7. Spring
8. Don't worry, it's only cetchup (working title)
9. Dreamland
10. Intro N.P. Molvaer - Truth
11. Horses in Rain
12. Titre ionconnu
13. Amelia (Joni Mitchell)

Il y a déjà 18 ans.
Je sais, il y a une traque pour la nouveauté, sur-consommation pseudo-hédoniste érigée en dogme.
J'y participe, n'empêche qu'il faut absolument freiner.
Prendre le temps, en passant.
Sidsel nous aide.
Immensément.

liens là où vous savez