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17.12.08

649 - äänet "aquarian forest"



Free Call
Blowing sunday
Exterieur nuit
le feu de l'ombre
Winter leaves
Aquarian forest
Extérieur jour
Rage invisible
Razor age
Jazz pretext

Rémi Charmasson, guitare
Jari Hongisto, trombone
Stephan Oliva, piano
Claude Tchamitchian, contrebasse

Dans la langue finnoise “ääni” désigne aussi bien la voix que le son. C’est le contexte qui va déterminer le sens du mot. Au pluriel du nominatif, ce substantif riche de sens devient « äänet » : Les voix, les sons. En choisissant ce nom comme emblème de leur rencontre avec Jari Hongisto, Rémi Charmasson, Stephan Oliva et Claude Tchamitchian touchent à l’essentiel de leur immédiate communion avec le flamboyant tromboniste : les voix et les sons, qui, de façon confondante, se fondent et se répondent dans un irrésistible mouvement organique. Invité du trio Charmasson/Oliva/Tchamitchian, Jari devient le catalyseur d’un quartet dont l’évidence saute aux oreilles de celui qui se plonge dans l’écoute de cet « Aquarian Forest ».

Charles Gil

On a beau savoir et répéter que la musique est un langage universel, on a toujours l’impression qu’un petit miracle se produit quand des musiciens venus d’horizons très éloignés parviennent, en un instant, à faire œuvre commune. C’est ce sentiment d’heureuse surprise et de belle rencontre qui domine après l’écoute d’Aquarian Forest. Si les trois Français du groupe sont de vieux compagnons de route, le nouveau venu finlandais Jari Hongisto ne fait figure ni de néophyte, ni de pièce rapportée. Présent et aux aguets, il propose, structure et aiguillonne autant que ses compagnons, truffe ses interventions de surprises qui infléchissent le discours collectif, plaisante abondamment – dans « Jazz Pretext » il vous fera au moins sourire, à moins que vous ne soyez véritablement coincé-e des deux oreilles. L’étendue de ses ressources techniques et expressives est telle qu’on se surprend à chercher sur la pochette qui diable joue du cornet sur « Le feu de l’ombre »… Ah non, c’est un trombone. Encore lui. Enregistré en Carélie - à l’extrême est de la Finlande - au mois de janvier, l’album semble porter les traces du paysage et du climat qui l’ont vu naître. Le vent froid de « Blowing Sunday » - un ostinato lancé à tombeau ouvert sur la glace par Claude Tchamitchian, qui se brise pour mieux enfler dans un unisson menaçant avec le piano -, les arbres de la forêt qui craquent et grincent sur « Extérieur nuit » - la contrebasse, encore - ou « Aquarian Forest » - la guitare de Rémi Charmasson, à qui il faudrait bien accorder une fois pour toutes la reconnaissance qu’il mérite pour son inventivité, sa pertinence, son talent mélodique et l’ampleur de sa palette -, les cris des oiseaux des lacs sur « Extérieur jour », le bois gonflé par la chaleur des saunas… et le bon vieux jazz cosy accompagné d’un verre de Koskenkorva sur « Jazz Pretext ». Mais qu’on ne s’y trompe pas : la musique d’Äänet n’est pas descriptive. Elle suggère. D’autres atmosphères entrent dans la danse : ainsi, Stephan Oliva semble encore hanté par le fantôme de Bernard Herrman… témoin la fin de « Blowing Sunday ». Un album peut en cacher un autre. Aquarian Forest n’a rien d’un one-shot. Bien au contraire, c’est probablement l’acte de naissance d’un groupe plein d’avenir. Un quartette qui a des choses à montrer et à dire et qui trouve, dès sa première production, une identité propre.

Diane Gastellu

(liens là où vous savez)

26.3.08

415 - Le 5tet de Sophia DOMANCICH (allez, les filles !!!) : le premier "Pentacle"

C’est peu de dire qu’elle nous fait plaisir, Sophia Domancich, avec ce disque. Elle nous comble, elle nous réveille, elle fait advenir de nouveau ce qui semblait disparu, enfoui à jamais, l’idée même de poursuivre un chemin et d’y découvrir de nouveaux paysages, de nouvelles essences, de neuves manières d’arranger ensemble ce qui fait le monde, comme disaient les cartésiens pour qui les qualités "secondes", ou sensibles, ne proviennent que de la disposition différente de qualités "premières", toujours les mêmes. Des sons, des notes, du rythme, de l’harmonie. Voilà donc, sur fond de gospel renaissant (!), l’ouverture de Vestiges où l’on se réjouit d’entendre à nouveau Marre : mais comment peut-on se priver d’un tel son, d’une telle fraîcheur inspirée ? Et encore, dans Don’t Even Think About It ce solo de piano emballé/emballant, où la répétition débouche sur une forme et un sens, où les idées ne sont là que comme des occasions pour rebondir avec d’autres. Sans doute faut-il savoir s’entourer. Et là aussi, quel coup de maître que cette union entre la profondeur généreuse de Tchamitchian, le sens de la gradation que Goubert porte au plus haut, la justesse et l’émotion de Capozzo, dont on ne s’étonne plus qu’il soit demandé partout ! Le fond intimiste et même mélancolique de la musique de Sophia Domancich est resté, intact et intangible, mais il a trouvé une chair nouvelle, une peau, des couleurs, et même des élans qu’on ne lui connaissait pas. Ou alors pas aussi manifestes.

Philippe Méziat

Sophia Domancich (p), Jean-Luc Cappozo (tp, bugle), Michel Marre (euphonium), Claude Tchamitchian (b), Simon Goubert (d)

(lien là où vous savez)

24.3.08

407 - La beauté poignante d'un duo : Gaguik MOURADIAN & Claude TCHAMITCHIAN


Disponible chez les Allumés du Jazz.

Rencontre absolue entre 2 artistes qui "ouvrent" une fenêtre sur le monde.
Alboume totalement intemporel, donc éternel.
Cette musique magnifie nos vies d'errants.
Le passant n'a pas les mots pour ce silence là.
Les sons essentiels pénètrent nos âmes et accompagnent nos pas.
Le passant sera éternellement redevable de cette oeuvre, elle guérit de la vie.
Cela fait déjà quelques années que Claude Tchamitchian ouvre de nouvelles fenêtres.
Celle-ci est l’une des plus magistrale.
PassantEs, veuillez s’il vous plaît soutenir cette démarche artistique unique et émouvante.
Normal, les alboumes sont chez « Emouvance ».

(lien là où vous savez)

29.4.07

181 - (3) musiques libres (pour ce dimanche d'avant)



1) Raymond BONI & Eric ECHAMPARD

guitare & percussions


un extrait de "Two angels for Cecil"

le "Cecil" en question est TAYLOR
voyez le rapport
avec "libre"
&
les musiques libres
l'extrait proposé se nomme "Tribute to the Tribe"
Je vous suggère juste une possible bande-son...


2) Ensemble TEXT'UP : "Democratie"


Pascale LABBE (voix)
François COTINAUD (sax ténor)
François CHOISELAT (trombone)
Jérôme LEFEBVRE (guitare)
Sylvain LEMETRE (percussions)


Cela a à voir avec RIMBAUD


« Le drapeau va au paysage immonde, et notre patois étouffe le tambour.

« Aux centres nous alimenterons la plus cynique prostitution. Nous massacrerons les révoltes logiques.

« Aux pays poivrés et détrempés !- au service des plus monstrueuses exploitations industrielles ou militaires.

« Au revoir ici, n’importe où. Conscrits du bon vouloir, nous aurons la philosophie féroce ; ignorante pour la science, rouée pour le confort ; la crevaison pour le monde qui va. C’est la vraie marche. En avant, route ! »

Rimbaud « Illuminations ».


L'extrait musical vient d'une compilation extraordinaire, peut-être la plus belle selon l'entrée "libre" et "passeurs de rêves", composée d'inédits. Fragments de résistance. Résistance inentamée.


3 ) Raymond BONI & Claude TCHAMITCHIAN
guitare & contrebasse


un autre extrait de la compilation citée ci-dessus
au titre un brin ironique


"to cure the sarkozyte"


(liens dans le commentaire)

21.2.07