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29.12.08

693 - Stephan Oliva / Bruno Chevillon / Paul Motian "FantasmE - The Music of Paul Motian"


Stephan Oliva p
Bruno Chevillon b
Paul Motian ds

1: Interieur Jour
2: Five Miles To Wrentham
3: Dance
4: Sables
5: Fantasm
6: Blue Midnight
7: Fiasco
8: Impromede
9: Etude
10: "M"
11: Folk Song For Rosie
12: It Should Have Happened A Long Time Ago

Il n'y a rien de secret, ni de confidentiel, simplement plane (ou résonne) un mystère assez étrange autour de cette musique et des musiciens de ce trio.

Ce n'est pas une question de notoriété (tous sont reconnus et très largement estimés pour ce qu'ils sont, c'est à dire des musiciens un peu hors-pistes, hors sentiers battus, hors "prêt-à-jouer), ni d'hermétisme ou de je ne sais quel attitude fermée selon l'adage bien pensant et boboïsant qui voudrait que cette esthétique là reste inaccessible, comme si dès les premières notes on allait se heurter à l'incompréhensible alors que nous sommes là en présence d'une autre manière d'être, et comme nous sommes tous, cette musique là est accessible, car simplement belle... ce mystère fait partie de la musique, comme si l'acte même de jouer et donc d'improviser (parfois) génére du mystère.
La création, cet acte unique, ici, trouve sa plus belle expression, donc nous renvoie sans cesse à cette zone inconnue qui fait echo à la musique.
Et, parfois (comme ces si belles notes du début de "Sables" - mais c'est tout "Sables" qui nous touche), l'évidence s'impose, comme si l'auditeur attentif savait de toute éternité que cette beauté là était attendue.
Car dans cet alboume, il y a d'intenses beautés.
Multiples.

25.12.08

684 - Keith Jarret "The Survivor's Suite"


LE titre éternel.
Ce que j'ai pu l'écouter, celui-ci.
Et ce n'est pas terminé.
Impossible de m'en séparer.
Du temps du vinyl, j'en ai usé 4. C'est dire à quel point c'était, comme une drogue.
Du temps, il en est passé.
Mais pas sur ce titre.
Du temps où Keith Jarrett jouait encore du sax, et d'autres trucs.
Du temps de ce quartet magique.

Et certainement LA plus belle introduction du monde, jamais égalée.

Et quand résonnent les premières notes de piano, alors là, pffffffffffffff.
Tout, je dis bien tout, est en place.
C'est lumineux.

8.5.08

460 - Tony MALABY "Adobe"


Tony Malaby, tenor & soprano saxophone
Drew Gress, bass
Paul Motian, drums

  • Humpty Dumpty (5:30) [Ornette Coleman]
  • Maine (6:14) [Tony Malaby]
  • Adobe Blues (4:43) [Tony Malaby]
  • Dorotea La Cautiva (9:30) [Felix Luna]
  • No Brainer (5:43) [Angelica Sanchez]
  • Mia (5:48) [Tony Malaby]
  • What Is This Thing Called Love (4:51) [Cole Porter]
  • Cosas (6:30) [Tony Malaby]
  • Gone (3:56) [Tony Malaby, Drew Gress, Paul Motian]
Ouvrir avec une composition d'Ornette Coleman place la barre déjà très haut, mais nos trois lascars démontrent qu'ils n'ont pas à rougir d'une éventuelle comparaison ni d'une (fausse) modestie déplacée.
C'est exactement à ce niveau là (très haut) que se situe tout l'alboume.
Une foison / fusion artistique de 3 gaillards qui ne sont pas des "bleus" et qui n'ont rien perdu de la formidable écoute dont ils sont capables. Car sans écoute de l'Autre, rien n'arrive.
Rien.
A l'heure où les frontières physiques et mentales deviennent de plus en plus nombreuses, dès lors que notre monde fini ne nous propose (du fait des secousses et des tentations) qu'un "hubris" détestable lié à l'économie galopante où les êtres n'arrivent qu'à se dresser contre eux-mêmes tout en supposant que l'Autre ne cherche qu'à nuire (les cerveaux lavés deviennent plus rugueux), quand les dogmes de la séparation issu d'un passé révolu reviennent à ce point nous dicter des conduites d'auto-gardiens de nos pensées (défense d'y), il est temps de prendre dans sa besace des musiques qui enjambent.

En voici une.

Disponible ici.

(lien là où vous savez)

28.2.08

377 - Les fleurs rouges de Marilyn...


Crispell, Peacock et Motian.
Pour une oeuvre située entre l'hommage à Annette Peacock et les histoires.
La vie s'invente sur les touches du piano de Marilyn.

(lien là où vous savez)

26.2.08

376 - Les histoires de Marilyn...


Le passant vous a déjà fait partager ce qu'il pense de Marilyn.
Il est question de flux et de souffles.
De liberté.

Alboume précieux.

Mark Helias et Paul Motian sont les partenaires de cette si belle conteuse.


(lien où vous savez)

26.8.07

240 - Marilyn CRISPELL & Annette PEACOCK


Définitivement au-delà de la musique.
Ce double CD hommage à la musique d’Annette Peacock représente à la fois l'idée de la musique, et ce qui se trouve après, et autour de la musique.
Un disque univers. Une métaphore et un continent.
Un univers infini, qui ouvre sur d'autres émotions, des sentiments inconnus, des sensations jamais "finies", toujours en chantier.
Chaque notes, sons, lignes, harmonies, sont faites de retenues, de suspensions, d'extases, d'attentes. Cet infini silence qui est sculpté par les notes, qui n’existe que par elles. Ce désir enfin exprimé. Cette pulsion sourde, feutrée, vitale, qui évolue avec nous.
La musique n'est là que pour ouvrir des espaces entre les sons, territoires jamais encore atteins, sauf par magie.
Cette musique est magique.

Et la grâce arrive à chaque secondes, magnifiée par la voix d’Annette Peacock, rare. Si rare que la musique de Marilyn permet cette absence par tous ces univers à portée de sens qu’elle créé et façonne en permanence.

Douce et tendre apnée, suspension du souffle, sculpture sonore et silencieuse, retenue et émotion.

Vie.

Disque : 1

1. Nothing Ever Was, Anyway [Version 1]
2. Butterflies That I Feel Inside Me
3. Open, to Love
4. Cartoon
5. Albert's Love Theme
6. Dreams (If Time Weren't)

1. Touching
2. Both
3. You've Left Me
4. Miracles
5. Ending
6. Blood
7. Nothing Ever Was, Anyway [Version 2]


(liens dans le commentaire)

3.6.07

205 - le piano d'Anat FORT


On pense beaucoup au trio de Tord Gustavsen durant les premières mesures de " Just Now ", splendide thème inaugural de ce premier album d'Anat Fort, qui ressurgit d'ailleurs à deux reprises par la suite : douceur veloutée du toucher, goût de la lenteur et de la solennité, sens de l'espace, sobriété quasi ascétique de la contrebasse (Ed Schuller) et de la batterie (Paul Motian). Née à Tel Aviv, la pianiste israélienne a émigré aux Etats-Unis au milieu des années 1990 pour s'y frotter à la scène jazz et y parfaire sa formation ; elle va depuis d'un monde à l'autre en passant des clubs et du jazz à la musique israélienne et de New York à Tel Aviv. C'est cette "longue histoire" qu'elle met en scène dans A Long story, bel album à la délicatesse un peu empruntée et à l'uniformité de ton à la fois envoûtante et lénifiante. Auteur de la totalité des morceaux, Anat Fort joue sur un terrain balisé, côté références, par Bill Evans, Keith Jarrett et Paul Bley ; à ces imprégnations fortes s'ajoute l'originalité d'une touche traditionnelle relevée par Paul Bley, et qui l'a d'ailleurs conduit à accepter de collaborer à l'album : "J'ai d'abord refusé parce que je ne savais rien d'elle et de sa musique. Mais j'ai été agréablement surpris par la qualité de la musique proposée par Anat, notamment cette façon d'intégrer dans ses compositions effluves musicales venues du Moyen-Orient". On pense aussi volontiers aux derniers albums de Charles Lloyd, à partir du troisième morceau, le trio devient quartet avec l'entrée en scène, toute en retenue là aussi, de la clarinette de Perry Robinson. Au risque de manipuler un cliché, on donnera sans doute une idée aussi fidèle que possible de la tonalité générale de A Long story en disant qu'il n'aurait été nulle part mieux que sur ECM : les amateurs applaudiront, les autres regretteront peut-être la monochromie un peu trop tranquille de l'ensemble, tout en reconnaissant à Anat Fort un remarquable talent de compositrice et un univers qui, à défaut d'originalité, ne manque pas de poésie.
Bernard Quiriny
Chronic'Art



Si le jazz fait la part belle aux chanteuses (on en connait des myriades, toutes uniques), le sort réservé aux instrumentistes n’est pas le même : si la regrettée Alice Coltrane ou Carla Bley ont su se faire un nom aux côtés de leurs confrères, la relève n’est pas des plus fournies. De même chez ECM, le personnel de studio est surtout masculin. Sauf qu’Anat Fort est une demoiselle.
Il est des pianistes éthérés, qui aiment à se perdre dans d’evanescentes abstractions, et d’autres qui préfèrent la robustesse des mélodies. L’Israélienne Anat Fort privilégie cette dernière approche. Si en compagnie de ses musiciens (dont Ed Schuller, à la contrebasse efficace), elle se permet quelques soli, mais c’est toujours en collant au plus près des lignes mélodiques, sans dévier vers de vastes improvisations qui la détournerait du sujet (un jazz subtil, précis, pointilleux dans son genre... classe), laissant plutôt ce plaisir à Perry Robinson (clarinette, ocarina). Avec ces compositions signées par elle (dont une, "Chapter two", co-écrite avec Perry Robinson), Anat Fort nous mène donc sans détours inutiles vers le plaisir. Un plaisir simple, comme cet album enregistré à New York.
Comme Martin Speake sur "Change of heart", Anat Fort a réalisé son rêve pour enregistrer son premier album : entrer en studio avec l’un de ses mentors, le batteur Paul Motian. Anat Fort qui se dit fan de Bill Evans, Keith Jarrett, Paul Bley, ainsi que la plupart de la musique enregistrée sur ECM (comme on la comprend). Cela s’entend, félicitations.
Jean-Marc Grosdemouge
M la musique

(lien dans le commentaire)