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5.8.09

945 - John Balke "Siwan"


Tuchia
O Andalusin¡
Jadwa
Ya Safwati
Ondas do mar de Vigo
Itimad
A la dina dana
Zahori
Ashiyin Raïqin
Thulâthiyat
Toda Ciencia Trascendiendo

Amina Alaoui: vocal
Jon Hassell: trumpet, electronics
Kheir Eddine M Kachiche: violin
Jon Balke: keyboards, conductor
Helge Andreas Norbakken: percussion
Pedram Khavar Zamini: zarb

Barokksolistene
Bjarte Eike: violin, leader
Per Buhre: violin
Peter Spissky: violin
Anna Ivanovna Sundin: violin
Milos Valent: violin
Rastko Roknic: viola
Joel Sundin: viola
Tom Pitt: cello
Kate Hearne: cello, recorder
Mattias Frostensson: double-bass
Andreas Arend: theorboe, archlute
Hans Knut Sveen: harpsichord, clavichord

[...]
The focus of Siwan is not one of strict musical scholarship, but rather the imagining of what music would have sounded like at a certain place and time lost to antiquity. That time and place is medieval Andalusia, the southern most region of Spain, where Muslim, Christian, and Jewish intellectual cultures mingled unmolested before the Spanish Inquisition. Balke's studies of the history and writings of the region revealed a thematic universality among the Sufi poets and the Catholic and Sephardic mystics, a fact clearly evident in the texts chosen for this special recital: literary works as seemingly diverse as the martyred Moor Al- Aallaj's "Thualthiayat" and San Juan de la Cruz's (St. John of the Cross), ecstatic "Todo ciencia trascendiendo" ("Rising Beyond All Science").
[...]
Michael Bailey / All About Jazz

13.2.08

358 - John BALKE et ses "Déclarations"



Haomanna / Butano / Rraka / Doublespeak / Pregoneras del bosque / Betong / Altiett / En vuelo / Pajaro / Whistleblower / Karagong / Unknown

Cet alboume est singulier et déroutant au passant débutant. Mais être dérouté reste une belle aventure, si c’est pour découvrir de telles contrées lointaines et surprenantes. Passons rapidement sur le son ECM, dont on sait qu’il est membre à part entière des œuvres musicales. C’est cliché et vrai. Ici, c'est un cran au-dessus.
Oui, au-dessus. John BALKE nous bluffe somp-tueusement.
Il écrit là une œuvre majeure.
Il évite le convenu, le « produit » léché attendu.
C’est même un parfait contre-pied aux habitudes prises.
Il use aussi de voix, de percussions en plus de ses claviers. Mais comme cela ne semble pas suffire, il prend avec lui pas moins de… 4 autres percussionnistes. Harald Skullerud, Helge Andreas Norbakken, Kenneth Ekornes et Ingar Zach. Et ça donne de suite une couleur assez étrange à cette “pulsion” dont on pourrait croire parfois qu’elle vient d’Afrique. Parfois seulement. Faudrait pas installer un autre cliché.
Mais attention, une fois cette pulsion installée, John BALKE va voir ailleurs.
Loin, très loin ailleurs. Et sans attendre. Car la percu ne fait pas tout. Là où il aurait pu rentabiliser l’accroche, il décroche de suite pour encore nous détourner.
Il faut des voix. Des mélanges de voix. Des voix blanches. Sidsel Endresen, tiens, tiens…. Sidsel que les passantEs connaissent depuis un moment et des voix noires, Miki N’Doye, carrément en wolof. Des bribes de voix, des bouts de voix, des voix éparses, collectées sur des ondes radio ou ailleurs. Des voix autres. Celles de Solveig Slettahjell, Jocely Sete, Camara Silva. Qui entourent en … passant (désolé, mais je n’ai pas trouvé mieux). Ces voix passent, s’imbriquent, parfument, enveloppent. Ne viennent de nulle part, de partout, des voiles de voix. Soutenues par ces rythmes ahurissants.
Alors ?
Imaginez alors que parfois (mais parfois seulement), ces voiles de voix sont délicatement agités (mais attention, pas obligatoirement dans les mêmes pièces) par Arve Henriksen (tiens, tiens, encore un connu des passantEs) à la trompette et Frode Nymo au saxophone alto. Comme si les échos des voix étaient soutenus par les autres instruments, à distance. D’ailleurs, tout se fait à distance, ce qui rend cet alboume aussi « entier ». J’ai rarement écouté un alboume aussi puissant et dense, tout en étant séduit par les touches gracieuses.
C’est une fois l’alboume entier écouté et réécouté et encore et encore qu’apparaît alors cet univers immense nommé « Déclarations » dont on mesure l’imbrication sans failles de toutes ses composantes après avoir longtemps cessé de l’écouter.
Et c’est alors que l’idée même de le faire « jouer » nous émerveille.
Un battement de vie.

(lien vous savez où)