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20.8.09

983 - Jennifer Charles et Oren Bloedow "La Mar Enfortuna - Convivencia"


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Six ans après ce début prometteur, Convivencia, dédié au poète Federico Garcia Lorca, se nourrit des mêmes ingrédients originels : musique sérafade du XIe et XVIe siècle, chansons traditionnelles et populaires d’inspiration moyen-orientales - revues à l’aune du rock, du jazz ou de la pop dévoyés - chantées tantôt en arabe, en grec, en espagnol, en araméen et en anglais, participation de nombreux musiciens additionnels, production de John Zorn... Ne serait-ce que sur le papier, ce deuxième album réfute toute idée de frontières et de sclérose culturelle. Lorsque Jennifer Charles interprète en arabe, de façon langoureuse, “Ya Kalbi Khalli Hall”, sa voix suave et volontiers sensuelle se modulant en fonction des arabesques de l’oud joué par Oren Bloedow, sans doute faut-il y entendre beaucoup plus qu’une provocation facile : l’émancipation de la femme se trouve moins célébrée par le biais de la musique qu’elle ne sert de levier à l’expression d’une voix (juive en l’occurrence) qui traverse siècles et territoires pour chanter le partage, la « coexistence » culturelle, autrefois coulant de source, aujourd’hui source de sang qui coule.

De même, l’inattendu finale de “Pali Mou Kanis To Vari”, sorte de montée en puissance soutenue par l’association de plus en plus enlevée batterie/guitare électrique/omnichord, subtilement attisée par une clarinette vindicative, injecte le rock brut dans les veines d’une chanson grecque d’un autre temps. Contraste aucunement artificiel, tout autant actualisation vibrante du passé et mise en perspective d’un dialogue fertile, qui outrepasse la vulgate du choc des cultures et échappe à l’étiquetage worldisant. La Mar Enfortuna n’est pas de ces groupes « nouveaux riches » qui, lassés de leur propre personne, vont chercher ailleurs de quoi se divertir d’eux-mêmes, visiter quelques pays oubliés afin d’en ramener des trésors cachés, brandis ensuite comme des faire-valoir. L’impossibilité reconduite de morceau en morceau à catégoriser la musique entendue, à lui assigner une unique provenance, témoigne de son extrême sophistication et de la fluidité des arrangements d’Oren Bloedow, passé maître dans l’ornementation et l’incursion de détails aussi variés qu’étonnants. Minutieusement incorporés à l’ensemble (guitare, accordéon, piano, dumbek sont souvent utilisés en contrepoint), ces motifs instrumentaux étendent le champ sonore bien au-delà des attentes que suscite un tel projet.

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Pinkhusion


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Six years have passed since La Mar Enfortuna's first, self-titled album, one of the most successful projects from Tzadik's Radical Jewish Culture series, and the concept is even more ambitious on this beautiful release: a modern exploration of lost or forgotten music, mostly of the Sephardim from the 11th to the 16th century, but this time the Sephardic tradition covers everything from Arabic songs through Greek and Balkan influences, Pakistani devotional kawali vocal music and back to modern day Spain.

The suggestive vocals of Jennifer Charles are still at the center, and the addition of Morocco-born, New York-based oud player and vocalist Brahim Fribgane solidifies the distinctive Middle-Eastern sound. Downtown multi-instrumentalists Ted Reichman and Doug Weiselman, who played on the first release, as well as on other Elysian Fields projects, are again on board.
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All About Jazz

982 - Jennifer Charles et Oren Bloedow "La Mar Enfortuna"


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En 2001, Oren Bloedow et Jennifer Charles enregistraient un album éponyme sous le nom à consonance latine de La Mar Enfortuna. Paru dans la série « Radical Jewish Culture » du label Tzadik de John Zorn - dont le riche catalogue dédié à la musique juive compose une mosaïque de sons particulièrement bigarrée -, un an après la sortie du vénéneux Queen of the Meadow, ce disque montrait une facette insoupçonnée du duo. Accompagné d’une bonne quinzaine de musiciens (clarinette, violon, violoncelle, flûte, accordéon, percussions, trombone...), le groupe y reprenait en effet des chansons traditionnelles, à la fois issues d’un répertoire arabo-andalou et représentatives de la diaspora juive, a priori plutôt éloigné de son univers musical situé aux portes du rock crépusculaire et du jazz charnel. En réalité, loin de constituer une simple pause récréative entre deux albums, La Mar Enfortuna venait prolonger et réinventer l’esthétique du duo (à l’époque en quête d’un nouveau label) en fécondant de nouveaux territoires - comme le funk, la musique hébraïque, le flamenco ou encore l’avant-garde rock -, sans que l’un prenne le pas sur l’autre et l’ensemble ne se transforme en un patchwork indigeste. C’est au contraire la cohérence et l’homogénéité du projet qui impressionna d’emblée, tout comme son pouvoir de fascination et son immédiate beauté.
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Pinkhusion

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Lorsqu'en 2001 sort La Mar Enfortuna, chez Tzadik déjà, le groupe surgit là où, à tort, on ne l'attendait pas. Une veine que, toujours chez Tzadik, le couple poursuivra pour nombre de collaborations : tribute to Serge Gainsbourg ou Marc Bolan, collaboration avec Sasha Argov ou Ben Perowsky.

Le projet La Mar Enfortuna veut donner à entendre des compositions puisées dans le riche répertoire des chansons séfarades. Des chansons d'amour, des chansons tristes, des chansons de dévotion, des chansons sans beaucoup d'illusion. Chantées en judéo-espagnol, en hébreu ou en arabe. Tirées d'un répertoire savant qui emprunte ses constructions au maqam arabe, mais aussi aux canticas, mélodies plus simples et populaires.

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Millefeuille

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Guitarist Oren Bloedow and vocalist Jennifer Charles are better know as the axe and voice behind Elysian Fields. La Mar Enfortuna is part of Tzadik's Radical Jewish Culture series, and earns its place. Bloedow and Charles have taken into their collective arms the historical Sephardim melodies and dressed them in modern clothing while retaining their spirit and melodic constructions. Utilizing the talents of many collaborators, including Ted Reichman, Jamie Saft, Ed Pastorini, and Kenny Wollesen, Bloedow and Charles employ dozens of instruments to get at the dark, mysterious spirit of the Sephardim's musical heritage. They go so far as to take a piece of a melody, as in "La Rosa," and color it with enough Spanish musicality, enough Jewish history, and sexy blues, to render it a ghost of its image, to be sure. But it's a ghost that is every bit as potent as the music it was inspired by, loaded emotionally and physically with emotion, sensual grace, and the hint of sound effects trickery, that lends it a slightly creepy air -- especially when we hear the sampled voices screaming in the background. On "A La Uno Ya Naci," Charles takes the Wurlitzer as her chosen instrument of creaky expression, and slips through the snaky lines wrought by Bloedow and Steve Bernstein's elegantly muted trumpet to paint a picture of a love so broken, yet so constant, it could only have existed in antiquity. But in her breathy, subtle vocal timbres and hushed accents, she finds the same passion within herself to carry the lyric into the present and make it believable. La Mar Enfortuna is among the most accessible records issued in the Tzadik series, but it is poignant and provocative nonetheless, full smoldering passions, broken lives, shattered hearts, and a sense of migration and dislocation. It offers a view of the trace, the cipher, the place where something or someone used to be but the only thing left is his possessions. Ultimately, La Mar Enfortuna is a record of disappearance and memory, and from this gorgeous, heartbreakingly beautiful, and sensual account of memory expressed, new traditions are created from the passage of the old.

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Allmusic