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11.5.08

463 - Lucia RECIO & Xavier GARCIA

Garcia/Recio Duo

Lucia Recio (voix), Xavier Garcia (sampler, traitement), Thierry Cousin (son).

Nous sommes à Stains (93), c'est Banlieues Bleues en 2002.
Le duo RECIO - GARCIA en est à sa première année d'existence.

Et c'est seulement en 2005 que sortira l'alboume "studio".

En attendant (d'acheter l'alboume par exemple chez les Allumés, sans négliger de vous renseigner sur le site de l'ARFI), voici un témoignage unique (un authentique "collector") de ce concert où nous plongeons dans une musique hors norme.
Qui dépasse presque tout ce que nous avons l'habitude d'écouter.
Qui peut se « comparer » aux expériences les plus extrêmes de SIDSEL ENDRESEN (avec Speeq, déjà évoqué par ici), voire même avec celles de
MAJA RATKJE (avec "Voices", par exemple)

Et encore.

Ne pas oublier que Lucia RECIO est andalouse. D’où des « rencontres » stupéfiantes entre cette voix qui crise, chuchote, s’élève, gronde, feule, … et qui nous offre par fragments des chants profonds et sensuels dignes des plus grandes chanteuses « traditionnelles ».
Mais attention, rien n’est figé.
Le dialogue entre la « voix » et les drôles de machines est en perpétuel mouvement.
Là où parfois le passant s’attarde, aime nonchalamment cheminer en prenant le temps de choisir ses chemins en restant assez distrait, ici, c’est cette « folie » déconcertante et inouïe qui mène la sarabande. Cette folie qui
nous foudroie d'une bacchanale sonore dans laquelle se heurtent ces sirènes si venimeuses et mortelles pour les esprits des marins sans boussoles.
Il y a du désordre dans les sons, et c’est tant mieux.
Il y a des chemins qui se referment derrière nous, et nous voilà dans l’incapacité de retourner sur nos pas.
Il y a parfois comme une appréhension de poursuivre plus avant, mais même l’immobilité nous est interdite.
Ce duo nous aspire, nous heurte, nous foudroie, nous croque, mais c’est pour mieux nous donner des vibrations dans un air sans cesse renouvelé par ce déluge sonore parfaitement maitrisé et toujours en rupture, la vraie rupture, la seule qui vaille : celle qui donne l’assaut à nos sens pour mieux nous soumettre pour nous pousser loin devant nous, hors de nous.

Marcher loin devant soi.

Lucia RECIO à Assier (festival estival un peu foutraque) en 2003 (en trio avec Régis HUBY et Philippe DESCHEPPER)

Lucia RECIO à Assier (festival estival un peu foutraque) en 2003 (en trio avec Régis HUBY et Philippe DESCHEPPER)

(lien là où vous savez)

29.4.07

182 - Encore du "free" ? Oui. Encore, c'est même jamais assez !






Voilà, c'est le VILLERD / AYLER Quartet.

Sorti en 2003.
Alboume hommage à l'immense Albert Ayler.
Alboume exceptionnel.
Encore disponible chez l'ARFI (maison fondée en 1977 !)

Guy VILLERD sax
Jean-Jacques AVENEL contrebasse
Xavier GARCIA sampler
Christian ROLLET batterie


2 extraits :
"change has come"
"children"


Il y a pour le sax tenor que je suis, trois oeuvres magistrales dans l’histoire du jazz : “Everywhere Calypso” de Sonny Rollins, “Sophisticated Lady” de Chepp et “Summertime” d’Albert Ayler.
Albert Ayler a inventé une façon nouvelle de jouer du tenor, sans demi-mesure et sans concession, avec un son puissant, plein et malléable, qui vient des tréfonds de l’âme, de la source même du souffle. C’était pour lui “la voix de dieu venue pour établir la paix et la spiritualité sur terre, rendre les gens meilleurs”, son désir était de jouer une nouvelle musique d’une beauté que nul n’avait encore entendue. La force d’Ayler est alors d’avoir inventé un vocabulaire pour exprimer cela.
Aujourd’hui où le sens se dilue dans le consensus, où l’idéologie bat de l’aile, j’aimerais à l’occasion de ce spectacle, suivre la voie tracée par Albert Ayler, faire raisonner une parole tout à la fois subversive et empreinte d’amour et de générosité. La musique a le pouvoir de transcender les âmes, elle sera pour nous passionnée et sincère, terriblement ancrée dans le futur.
Puisse ce quartet ne pas démériter de la fulgurance d’Albert Ayler. Nous jouerons son “unité spirituelle”, ses “fantômes” et sa “vérité” en marche. Telle est “notre prière”. Guy Villerd.

(lien dans le commentaire)